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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ROBERT OWEN.

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le plus intolérant et le plus puissant qui soit sous le ciel.Dans l’Espagne de Philippe II, on eût brûlé M. Owen ; àRome, on l’eût excommunié ; en Angleterre, on le discréditadans l’ombre.

Encore si le novateur, en soulevant contre lui l’animositéreligieuse, s’était ménagé un abri auprès des partis politiquesqui aspiraient à l’avenir, peut-être serait-il parvenu à ras-seoir sa popularité chancelante. Il s’agissait seulement pourcela de se taire sur des questions à l’examen desquelles rienne le sollicitait, et qui, dans ses vues générales, ne pou-vaient être regardées que comme un incident de pure forme.Mais la sincérité de M. Owen n’admettait pas même de ré-ticences, et amené sur le terrain des affaires courantes, ildit toute sa pensée au radicalisme, comme il l’avait dite auclergé. A une époque où la réforme et l’abolition des bourgs-pourris préoccupaient tant de têtes, il entreprit de démon-trer combien ces mesures seraient vaines et stériles dansl’application, combien elles seraient inefficaces pour extirperle paupérisme, organiser les classes industrielles, et re-tremper la moralité humaine. En face de ce dédain, toutbienveillant il est vrai, pour des idées favorites, on s’expliquecomment des radicaux influents, MM. Waitman, Torrens,Cartwitght et le célèbre Henri Hunt, ont repoussé et accusémême M. Owen, le radical par excellence. Sa franchise nelui fut pas pardonnée, et il en porta la peine en 1819 ,quant il se présenta sur les hustings, comme candidat à ladéputation.

Ainsi, peu à peu, toute protection, tout appui, s’étaientretirés de M. Owen. Son patron, le duc de Kent, était mort,le clergé l’avait mis à l’index de la population dévote, legouvernement ne s’inquiétait plus de ses idées, le radicalismelui tenait rigueur. A peine était-il resté autour de lui quel-i. us