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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ROBEBT OWEN.

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uue population d’anges pour constituer une bonne sociétéhumaine. Le véritable dissolvant de New-Harmony fut leprincipe de la communauté, principe à la fois insensé et sté-rile, soit qu’il procède du stoïcisme et de la privation, soitqu’il invoque des satisfactions impossibles.

Il faut toutefois rendre cette justice à l’essai de New-Harmony, qu’en dehors de cet échec et de ce mécompte, ilsut reproduire et continuer une portion des bienfaits créésà New-Lanark. L’enfance, ce grand espoir de M. Owen, futsurveillée avec une attention particulière ; on y perfectionnatoutes les méthodes d’éducation, on parvint même à obtenirdes adultes ce qu’on demandait vainement à l’âge viril, uneexploitation agricole conduite avec ensemble et avec ardeur.Des sociétés d’arts mécaniques et d’agriculture furent forméesdans le principal centre de la colonie, et le petit noyaud’hommes d’élite qui s’était attaché à la fortune de M. Owenchercha, sous son inspiration, à dégrossir et à civiliser cettepopulation presque primitive. On eut des bals, des concerts,des soirées ; on mêla les travaux les plus humbles aux occu-pations les plus libérales. Ainsi, en sortant de la vacherie,les jeunes femmes se mettaient à leur piano, ce qui amusafort le duc de Saxe-Weimar, lorsqu’il visita New-Harmony.Un costume spécial avait été imaginé : c’était pour les femmesdes robes drapées à l’antique, pour les hommes la tuniquegrecque avec le large pantalon. Autant que possible, onchercha à faire tomber eu désuétudes ces mille distinctionssubtiles que notre vanité sociale a créées, et qui trouventautant de racines dans les habitudes de tous que dans lesprétentions de quelques-uns. Les logements furent disposés,meublés de la même façon; le vêtement fut uniforme, lanourriture commune. La vie animale était si abondante etsi facile, que la nourriture des colons ne coûtait pas plus de