ROBERT OWEN.
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f pastoral et de naïf. On ne peut pas lever contre la société le
i drapeau d’une révolte à la fois plus inofTensive et plus radi-
cale. C’est un retour vers l’ancien patriarcat à travers la ré-forme agraire; c’est une combinaison où Abraham est fortétonne de sc trouver en contact avec Babeuf. Ce qui frappele plus dans celte théorie, c’est sa stérilité et son vide : onest moins surpris de ce qu’elle admet que de ce qu’elle sup-prime. Dans le système rationnel, adieu tous les horizons: de l’idéalité ; adieu cesaspirations vers l’infini, le seul prisme
au travers duquel la vie se colore; adieu ces doux rêves quirattachent l’àme, isolée ici-bas, aux âmes quelle pleure et! qu’elle a aimées ; adieu la poésie, adieu l’eulhousiasme, adieula foi ! M. Owen ne veut pas que nous nous élancions versl’inconnu ; il nous enchaîne au réel ; il exige que l'hommese livre tout entier à ce vautour qui le ronge ; il lui interditde chercher ailleurs un point d’appui pour s’élever à desdestinées moins éphémères. M. Owen appelle cela le système* de la nature : de la nature, soit; mais alors d’une naturepolaire, car ce système n’est rien moins que l’engourdisse-ment complet de l’humanité. Non, il n’en est pas ainsi ;non, l’humanité n’est point celte mer immobile et glacialeque ne visite jamais le soleil, mais bien cet océan capricieuxet profond qu’animent des brises harmonieuses, et qui ré-fléchit dans son miroir les teintes changeantes du ciel.
Que dire maintenant de ce dogme de l’irresponsabilitéhumaine, que M. Owen pose comme la clef de voûte de scsidées, pour en faire ressortir une tolérance inerte et uniforme,sans haine pour le mal, il est vrai, mais sans chaleur pour lebien? C’est là une bien vieille thèse théologique, épuisée àdiverses fois par les princes de la controverse religieuse. C’estle plaidoyer de la liberté contre la nécessité, le conflitcélèbre du libre arbitre, l’arène où saint Augustin vint se