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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.

» Cependant la mer Caspienne et autres bassins salés de l’intérieur,comme le lac Aral, les lacs de Tchad, de Jeltonde, de Mexico et mêmela mer Noire, qui est presque isolée des autres mers, participerontfort peu et très-lentement à l'influence du fluide boréal. Les poissonscontenus dans ces réservoirs bitumineux ne seront pas détruits parson introduction lente et imperceptible. Au contraire, en moins dedeux ou trois générations, ils deviendront plus vigoureux qu’ils ne lesont dans les ondes bitumineuses, comme un fruit devient plus beauet plus savoureux sur le sauvageon où il est enté.

» En conséquence, dès que le genre humain verra s'approcher lanaissance de la couronne, il fera sur les bûtes des mers l’opération queNoé lit sur les bûtes des terres. On transportera donc dans les bassinssalés intérieurs, comme la mer Caspienne et autres, une quantité suffi-sante de poissons, coquillages, plantes et autres productions marinesque l’on voudra perpétuer et réinstaller dans l’Océan après sa régéné-ration. On attendra que l'Océan soit purgé et passé aux grands remèdes,par l’effet des lames du fluide boréal, qui, s’élançant du pôle avec vio-lence, précipiteront les bitumes si activement, que tous les poissonsseront surpris, suffoqués par cette transition subite. Il n’en restera queles races utiles, comme merlan, hareng, maquereau, sole, thon, morue,enfin toutes celles qui n’attaquent pas le plongeur et qu’on aura tenuesà l’écart pour les replacer dans les ondes après leur purification, et lesgarantir contre la surprise violente du fluide boréal. »

(Théorie des Quatre Mouvements, pag. 61 à 77, édit, de 1808.)

rSVCIIOLOGIE.

(i La planète la plus infortunée est celle dont les habitants ont despassions disproportionnées aux moyens de jouissance. Tel est le vicequi afflige présentement notre globe. II rend la situation du genre hu-main si fatigante, qu’on voit éclater le mécontentement jusque chez lessouverains.

» Cela vient de ce que Dieu a donné à nos passions l’intensité con-venable aux deux phases d'ordre combiné, qui comprendront à peuprès soixante-et-dix mille ans, et dans le cours desquelles chaquejournée nous offrira des jouissances si actives, si variées, que nos âmespourront à peine y suffire. Si nos destins étaient bornés à la triste ci-vilisation actuelle, Dieu nous aurait donné des passions flasques etapathiques comme la philosophie les conseille, des passions convena-bles à la misérable existence que nous traînons depuis cinq mille ans.Leur activité, dont nous nous plaignons, est la garantie de notre bon-heur futur.