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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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NOTES.

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ché d'une ville, où se rendent aujourd’hui mille paysans. Nous som-mes, en fait de mécanisme industriel, aussi neufs que des peuples quiignoreraient l’usage des moulins et qui emploieraient cinquante ou-vriers à triturer le grain que livre aujourd’hui une seule meule.

» Aussi, voit-on pulluler les marchands jusque dans les villages.Les chefs de la famille renoncent à la culture pour s’adonner au bro-cantage ambulant. N’eussent-ils à vendre qu'un veau, ils iront perdredes journées à causer dans les marchés, halles et cabarets. Pourtant lalibre concurrence élève à l’infini le nombre des marchands et desagents commerciaux. Dans les grandes cités, comme à Paris, oncompte trois mille épiciers, quand il en faudrait à peine trois centspour suffire au service habituel. Telle petite ville reçoit aujourd’huicent colporteurs et cent voyageurs de commerce qui n’en voyait pasdix en 1788.

•i Cette multiplicité des rivaux les jette, à l’envi, dans les mesuresles plus folles et les plus ruineuses pour le corps social : car tout agentsuperflu, comme étaient les moines, est une spoliation de la société,dans laquelle il consomme sans rien produire. N’est-il pas reconnuque les moines d'Espagne, dont on élève le nombre à cinq cent mille,produiraient la subsistance de deux millions de personnes s’ils retour-naient à la culture. 11 est de même des négociants superflus dont lenombre est incalculable.

» Depuis quelques années, il n’est bruit que d 'écrasement parmi lesmarchands. Devenus trop nombreux, ils se disputent avec acharne-ment des ventes devenues difficiles par l’influence des concurrents.Une ville qui consommait mille tonneaux de sucre, lorsqu’elle avaitdix marchands, n’en consommera toujours que mille tonneaux, lors-que le nombre sera arrivé à quarante, au lieu de dix. Maintenant ouentend ces fourmulières de marchands se plaindre de la langueur ducommerce, quand ils devraient se plaindre de la surabondance descommerçants. Us se consument en frais de séduction et de rivalités;ils s’aventurent dans les plus folles dépenses pour le plaisir d’écraserleurs rivaux. C’est à tort que l’on croit le marchand asservi à son seulintérêt, il est fortement esclave de la jalousie et de sou orgueil. Lesuns se ruinent pour le stérile honneur de brasser d’immenses affaires,les autres par la manie d’écraser un voisin dont le succès les déses-père. L’ambition mercantile, pour être obscure, n’en est pas moinsviolente, et si les trophées de Milthiate troublaient le sommeil de Thé-mistocle, on peut dire aussi que les ventes d'un boutiquier troublentle sommeil du boutiquier voisin. De là vient cette frénésie de concur-rence par laquelle tant de marchands se poussent à leur ruine et seconsument en frais qui retombent ultérieurement sur le consomma-