LA SOCIÉTÉ KT LE SOCIALISME.
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la détention doit conserver un caractère expiatoire ; enadoucir outre-mesure les conditions, c’est donner un encou-ragement au crime, c’est abolir la crainte du châtiment.
Dans l’intérêt de la sécurité publique, il est donc tempsde briser le faisceau que les malfaiteurs sont parvenus à for-mer, et de les combattre par l’isolement. Une civilisationcomme la nôtre ne doit pas supporter le spectacle de cettefédération du vice qui a des points de réunion permanents,des chefs, des espions, une hiérarchie, un code et unidiome. Si le régime cellulaire peut, comme il y a lieu de lecroire, rompre une aussi malfaisante ligue, il importe de nepas en différer l’expcrience. Les adversaires de l’isolementne discutent guère que sur des adoucissements de détail etdes difficultés d’exécution. Il est aisé de concilier ces dissi-dences et de trouver une combinaison qui, sans altérer l’effi-cacité de ce régime, en tempère les inconvénients. Quelqu’en soit d’ailleurs le mode, une réforme est urgente, sur-tout depuis que la littérature va choisir des héros et deshéroïnes dans les régions où l’on parle l’argot. L’affiliationdes malfaiteurs doit être anéantie : qu’on sache prendre unemesure décisive, et bientôt elle n’existera plus que dans lesromans.
Du vice et du crime, on peut arriver sans transition à lamisère qui y confine par tant de points. C’est là d’ailleursle principal chef d’accusation qu’on fait valoir contre la so-ciété. La misère des classes laborieuses est présentée commeun grief accablant pour la civilisation qui en souffre le spec-tacle. Des hommes généreux, des écrivains sensés, se sontémus à ce cri, et de divers côtés on a cherché des solutionsau problème le plus épineux des temps modernes,, celui deconcilier la liberté du travail avec la continuité et la suffi-sance du salaire. Ce qu’une pareille étude a fait ressortir,