ÉTUDES SUR LKS RÉFORMATEURS.
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sente sur ces divers points que d’excellents résultats. Dansl'ensemble du royaume, le nombre des affaires vidées de-vant cette juridiction exceptionnelle s’est élevé, de 1830à 1834, à 60,5oo, dont 58,530 ont été conciliées, c’est-à-dire 20 sur 50. 56 affaires seulement sont arrivées en ap-pel. Lyon, en 1855, a eu 5,885 contestations portées de-vant le conseil des prud'hommes, sur lesquelles 3,714 ontété conciliées et 172 jugées. Saint-Étienne, en 1856 ,sur 2,616 instances, a compté 2,591 arrangements et23 jugements. Rouen, dans le cours de celte même an-née, a vu passer 1,006 affaires donnant lieu à 967 conci-liations et à 25 jugements. Aucun appel n’a été formé pources diverses sentences, ce qui est un témoignage évidentde la justice des décisions.
Ainsi c’était déjà un" progrès que de réaliser à Paris, dansdes conditions analogues, une institution qui fonctionneavec succès dans nos premières villes industrielles. A l’é-preuve, on aurait pu juger si quelques améliorations étaientnécessaires, et les réaliser graduellement. Il n’en a pas étéainsi : la mesure a clé livrée à la discussion , et dès lors lesexigences se sont donné carrière. C’est surtout à propos dela composition des conseils que le débat a pris de la viva-cité. Jusqu’ici les entrepreneurs d’industrie en ont fournil’élément principal : quelques chefs d’ateliers, conlrc-maitres et ouvriers patentés, complètent le personnel deces tribunaux conciliateurs. Sans doute l’intérêt du maître,représenté dans une proportion inégale, y conserve la hautemain; mais on conçoit combien celte circonstance doit in-spirer de retenue aux manufacturiers opulents, aux nota-bilités industrielles que l’élection investit de ces pouvoirs.Rarement l’ouvrier aura de déni de justice à essuyer de lapart déjugés pareils, cl dans plus d’une occasion ou ne-