DES IDÉES ET DES SECTES COMMDMSTES.
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où les vœux étaient éternels, l’engagement indissoluble, ilfallait se plaire dans cette condition ou dévorer ses douleurs;là où le lien n’était que volontaire, la communauté rejetaitdans le tourbillon du monde ceux que la vocation n’enchaî-nait pas suffisamment. Des deux côtés, il y avait, pour l’ins-titution, une garantie suffisante, soit dans la compression,soit dans l’expulsion des individualités rebelles. La vie col-lective était maintenue de la sorte avec une entière rigueur,et le système portait des fruits, sinon sains, du moinssatisfaisants au regard. Les communautés forcées deman-daient à la société des armes pour maintenir la discipline ;les communautés libres la prenaient pour déversoir et s’é-puraient ainsi par voie d’élimination. L’ascendant des chefs,leur science , leur sagesse, leur fermeté , faisaient le reste.Ainsi ont vécu ces corporations et ces sectes, vouées à la viecommune par l’indigence ou par le mysticisme , sans qu’onpuisse rien en inférer de concluant pour la vertu généraled’un pareil régime.
Jusqu’ici pourtant et dans cette limite, ces aspirations, cestentatives n’ont rien que de légitime. Satire ou idylle,extase religieuse ou protestation contre un monde profane,ou peut tout accepter, pourvu que le débat se passe dans ledomaine de la conscience et ne dégénère pas en prosély-tisme passionné. Mais il est des gens qui ne comprennentqu’une sorte de tolérance, celle qui s’exerce à leur profit. :après avoir combattu pour la liberté des convictions, ilsprofitent de la victoire pour opprimer celles des autres,s’imposent par la violence et demandent à la terreur lasanction de leurs systèmes. Celte forme de propagande eutdes apôtres vers la fin des xiv" et xv c siècles. À leur tètefigure l'hérésiarque Wiclelf, qui, s’appuyant sur cent milledollards révoltés, fit trembler l’Angleterre et la plaça sous