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ÉTUDES 5CI1 LES RÉFORMATEURS.
phic et la théologie, la poésie et le roman, la slatuaire, lapeinture, la gravure, leur semblent des frivolités suspectes,des prétextes pour échapper à une occupation réelle et sé-rieuse. Aussi ne veulent-ils pas voir là un travail, mais unsimple délassement. On sera artiste si l’on veut, mais ilfaudra de plus cire laboureur et quitter le pinceau pour lacharrue. Celte excommunication brutale des délicatesses dela vie n’est ni ingénieuse ni nouvelle ; Procustc avait trouvé,longtemps avant les égaux, le moyen de réduire tout lemonde à sa taille.
Jusqu'ici cette égalité, source de tout bonheur, ne s’estguère signalée que par des sacrifices. Elle a disposé de l’in-dividu comme d’un automate, aboli les relations de familleen s’emparant des enfants, supprimé les arts et les lettresdans l’intérêt de l’ignorance commune. Que lui reste-t-il àimmoler ? La liberté de la pensée. Cette exécution ne se faitpas attendre. « Nul ne peut émettre des opinions contrairesaux principes sacrés de l égalité. » Telle est la loi, et ellea des airs menaçants pour les raisonneurs. Le bonheur deségaux est ainsi fait; il ne se laisse pas discuter, il faut s’yplaire par ordre. Sa vertu repose dans une suite de servi-tudes. Partout une disciplineinexorablc se retrouve. Cepen-dant, en plusieurs occasions, cette égalité se permet d’êtreinconséquente et contradictoire. Pour de certains emplois,elle exige des conditions de capacité ; pour d’autres fonc-tions, elle reconnaît le privilège de l’àge. Avant d’être in-scrit au livre d’or des citoyens, il faut confesser publique-ment la croyance communiste; autrement on se voit expulsédu territoire et condamné à un exil éternel. Rien d’ailleursne semble formel dans cette organisation pleine de démentiset d’ellipses. Ce pouvoir n’est terrible qu’en apparence ; cedespotisme manque de sanction; on voit l’obéissance par-