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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
conçoit sans limites et sans règles. Chacun prend où ilveut, fait ce qu’il veut : la société marche à l’aventure. Lesmodes d’organisation sont purement facultatifs. M. Owcnn’admet rien d’obligatoire. La bienveillance universelle doittout remplacer, lois, mœurs, armée, prisons, gouverne-ment. Cela s’appelle, dans la langue de l’inventeur, le ré-gime rationnel , ce qui ne veut pas dire le régime raison-nable 1 .
On sait quels efforts a faits, depuis près d’un demi-siècle, M. Owcn pour répandre sa singulière doctrine , etquelles transformations pratiques et spéculatives il lui a im-primées. Un essai heureux à New-Lanark a été suivi d’ex-périences avortées à Nevv-Harmony et à Orbistou. Sur cesdeux points, on a pu voir le principe de la communauté àl’œuvre. Invariablement il a offert le même spectacle, ce-lui d’ouvriers laborieux victimes d’ouvriers fainéants,d’hommes intelligents exploités par des hommes incapa-bles; toujours il a présenté le meme résultat, celui d’unanéantissement graduel de la production et d’un éloigne-ment invincible pour le travail. Quoiqu'il fût évident queles choses devaient so passer ainsi, il est heureux que l’é-preuve en ait été faite, et qu’clle ait abouti à deux avorte-ments décisifs. M. Owen seul s’est refusé h voir dans eeséchecs la condamnation de son système, il n’en a pas moinscontinué son œuvre de prosélytisme. Tantôt son zèle éclateen discours, en manifestes de tout genre; tantôt il se reportevers de nouveaux essais et provoque des souscriptions enfaveur d’un établissement expérimental. Pour concentrerl’action de sa doctrine, M. Owen a fondé un congrès an-
' Pour de plus amples détails sur la doctrine de Robert Owen , ilfaut se reporter au premier yolume de cet ouvrage et à la biographiedétaillée’de ce réformateur.