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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
quelques cœurs sincères à qui manquent les conseils de l’expé-rience et le sentiment des réalités. La fraternité et l’égalitésont desmotsbiens sonores, et, après tout, désirer que l’uneet l’autre régnent sur la terre, c’est vouloir ce que veut l’Évan-gile. Soyons dès lors indulgents pour ces excursions dans lepays des chimères; notre siècle positif fera vite justice de pa-reils élans. On improvise aujourd’hui, au sortir des hancs del’école; un plan de réforme sociale, comme naguère on ri-mait une tragédie. C’est le tribut de l’âge ; plus d’un cer-veau le paie. Mais, avec les années arrivent d’autres con-victions et d’autres soins. On voit mieux ce qu’est la vie, ceque valent les hommes. On oublie qu’on a voulu régénérerle monde pour remplir les devoirs personnels qu’impose lasociété, et si, dans le nombre, quelques esprits résistent àcette loi du temps, le monde les punit par le délaissement,la plus terrible des peines.
Parmi les écrivains qui se sont faits, de nos j ours, les in-terprètes des principes communistes, il n’en est guère quiméritent les honneurs d’une réfutation. On peut toutefois dis-tinguer, parmi eux , deux sortes d’adhérents, les uns con-fessant leur doctrine, les autres ne l’acceptant que sous desréserves et la désavouant au besoin. Il va sans dire que lessituations les plus franches sont aussi les meilleures ; les er-reurs sincères sont les seules qui soient dignes d’excuse.Parmi les communistes avérés figure l’auteur d’un Voyageen Icarie *. Il s’agit encore, dans ce livre, d’une commu-nauté imaginaire, d’une fiction, d’un régime idéal. L’Icarieest un continent merveilleux, séparé par un bras de mer dupays des Marvols. On la cherchait vainement sur nos cartes;
’ M. P. Cabet, ancien député et avocat-général , aujourd’hui avocatà la cour royale.