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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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LES CUAÜTISTES.

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vcment. Au milieu des champs, la vie était plus facile, lesressources étaient plus variées. Quand l’industrie manquaitaux bras, ils se reportaient vers la culture, et on s’épargnaitde la sorte le triste spectacle d’une oisiveté forcée engen-drant une détresse profonde. C’était toujours une existanceprécaire, mais sans alternatives douloureuses et protégéecontre un extrême dénuement.

L’invasion des nouveaux agents industriels opéra, il y asoixante et dix ans environ, une révolution complète danscet étal des choses. L’industrie collective attaqua l’industrieisolée et l’écrasa ; le travail mécanique emporta et anéantitle travail à la main. En songeant à ce bouleversement im-prévu, on comprend, sans les partager, les colères des Jud-distes. Ces milliers de chaumières qui toutes avaient plu-sieurs métiers montés, se voyaient peu à peu réduites auxabois par les établissements gigantesques dont la vapeuranimait les ingénieux mécanismes. Les bras de l’hommesoutinrent jusqu’au bout la lutte contre les forces de la na-ture; ils ne cédèrent que devant l’irrécusable témoignagede leur impuissance. Alors seulement se produisit, dansl’équilibre des populations, un déplacement dont toutes lesconséquences ne sont pas encore dégagées. Les moteurs mé-caniques, en modifiant les termes de la production, ve-naient de l’élever à une puissance inconnue jusque-là. Leprix modéré des choses avait eu pour premier effet d’exci-ter la consommation, et bientôt les agents naturels qui, aupremier abord, avaient paru évincer le travail humain, luiimprimèrent une énergie nouvelle. Les moyens perfection-nés de production exigèrent plus de bras que les moyensimparfaits naguère en vigueur, et l’industrie mécaniquedemanda un personnel infiniment plus nombreux que l’in-dustrie manuelle. Une seule différence, mais une différence

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