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elle était en avance sur les autres peuples pour les procé-dés mécaniques et la conservait par des perfectionnementssans fin, par la délicatesse de l’exécution et la sûreté de lamain-d’œuvre, par la discrétion des prix et la hardiesse dela spéculation maritime. C’est ainsi que se soutint ce tra-vail nouveau, dont le mouvement avait quelque chose defiévreux, et au bout duquel les esprits doués de quelqueprévoyance apercevaient une crise.
En effet, l’industrie continentale, réchauffée par une lon-gue paix, se relevait graduellement de la torpeur qui l’avaitfrappée. Une lutte commerciale et industrielle commença,timide d’abord, limitée à certaines zones, puis plus délibé-rée et poursuivie sur une grande échelle. Dans cette mani-festation, la France ne joue qu’un rôle subalterne et forteffacé. Pour la navigation marchande, le vrai rival de l’An- 1gleterre est l'Union américaine, qui, se mesurant corps àcorps, commence a balancer la fortune de la Grande-Bre-tagne. Des Etats de second ordre suivent ce mouvement,enlr’autres, la Suède, la Norwcgc, la Hollande et les villesanséatiques dans l’Océan, l’Autriche et la Grèce dans la Mé-dilerrannéc. Quant à la suprématie manufacturière, si l’An-gleterre la conserve, ce n’est qu’au prix de grands effortset non sans la voir chaque jour entamée. Pour bien desarticles, la Belgique serait en mesure d’engager directe-ment le combat ; l’Allemagne ferme ses marchés pour s’ypréparer et avec plus de confiance dans ses forces, la Francepourrait également entrer dans la lice. Ainsi, sur bien despoints et par divers modes, s’est organisée une résistanceaux empiétements de l’Angleterre, et le travail manufactu-rier éprouve déjà, de l’autre côté de la Manche, les effetsde cette réaction commerciale et maritime.
Telle: est la première cause des douleurs qui assiègent