UES HUMANITAIRES.
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Mais il ne s’agissait pas, dans ce projet, de faire refleurirl'àge d’or sur la terre : bien loin de là. Il s’agissait d’abaisserl’Espagne alors trop menaçante pour le repos du monde, etde lui opposer un contre-poids dans une coalition euro-péenne. C’est la même politique dont notre époque a puvoir une application nouvelle dans l’alliance des monarqueseuropéens contre Napoléon.
Dans ces combinaisons ingénieuses, l’abbé de Saint-Pierren’oubliait qu’une chose, c’est que les événements humainsne se déterminent pas seulement parle calcul et la réflexion.La guerre est le fruit des passions, et il est plus aisé de blâ-mer les passions que de les faire disparaître. Sous une mo-narchie, le caprice d’un roi, sous une démocratie, le pointd’honneur ou les intérêts d’un peuple, peuvent amener descollisions tantôt légitimes, tantôt injustes. On a vu la guerres'élever jusqu’au sublime dans une défense héroïque du ter-ritoire, comme colle qui accompagna notre première révo-lution; on l’a vue prendre un caractère de grandeur qu’ilj fallait admirer, même en le condamnant, dans le cours de; cette épopée impériale qui promena nos aigles au tra-; vers du monde. L’emploi de la force a de graves abus,mais il est quelquefois la seule sanction qui reste à la jus-j tice.
Tous les hommes qui, après l’abbé de Saint-Pierre, ontrepris son plan de paix perpétuelle, n’ont rien ajouté ni re-tranché aux moyensdéveloppés par cet écrivain. Le rêveur dusiècle dernier est encore l’humanitaire le plus complet et leplus net des humanitaires connus. Cependant les poêles sontallés plus loin encore. Tandisque le philosophe se contentaitde pacifier les nationalités et les invitait à la concorde, les! poètes ont proposé une réforme plus radicale , celle dé lessupprimer. Le plus illustre de tous, et qui'! ne faut coin-