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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.

battre qu’avec les égards dus au talent, a cédé à cet entraî-nement quand il a dit * :

Et pourquoi nous haïr, et mettre entre les racesCes bornes et ces eaux qu’abhorre l’œil de Dieu ?

De frontières au ciel voyons-nous quelques traces ?

Sa voûte a-t-elle un mur, une borne, un milieu ?

Nations ; mot pompeux pour dire barbarie!

L’amour s’arrête-t-il où s’arrêtent vos pas ?

Déchirez ces drapeaux, une autre voix vous cric :

L’égoïsme et la haine ont seuls une patrie jLa fraternité n'en a pas.

Quelques strophes plus loin, le poëte, complétant sapensée, ajoute :

Les bornes des esprits sont 1rs seules frontières ;

Le monde en s’éclairant s’élève à l’unité.

Ma patrie est partout où rayonne la France,

Où sa langue répand ses décrets obéis IChacun est du pays de son intelligence.

Je suis concitoyen de tout homme qui pense.

La vérité, c’est mon pays.

Sans doute, ce sont là de nobles et chevaleresques sen-timents; mais l’expression en est-elle suffisamment mesuréeet raisonnable? Sous le prétexte d’établir un lien universelentre les hommes, n’est-il pas à craindre qu’on n’affaiblissel’instrument le plus parfait que jusqu’ici la civilisation aitconnu, celui de la nationalité? Non, quoi qu’en dise lepoëte, la nationalité n’est pas la barbarie ; elle a servi, aucontraire; à tirer le globe des langes de la barbarie; elle acontinué, en l’agrandissant, le rôle qu’ont joué la famille,la' tribu, la ville, la caste, la race; elle a créé un faisceau de

ji .Mv dq ,Lamartine : ta. Marseillaise de la paix , insérée dans laR^tœdes tlf-ux-filondes du i , r juin 184t.