LES HUMANITAIRES.
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chez l’un et chez l’autre ? N’est-ce pas que la conscience d’unétat antérieur, quoique latente, persiste chez l’enfant danssa nouvelle initiation à la vie ? Ainsi, ajoute l’auteur dusystème, nous serons, nous nous retrouverons. La mémoiren’est que le cachet fragile de la vie ; il se fait probablement,dans le phénomène de la mort, quelque chose de semblableà ce qui a lieu dans le sommeil. Le sommeil nous régénère ;nous en sortons plus vivants, plus forts, avec un certainoubli. La mort est un plus grand oubli suivi d’une renais-sance. Nous n’avons plus le sentiment de l’ancienne exis-tence, mais la nouvelle nous replace au point où l’autre nousa laissés. Pour compléter cette démonstration, l’auteurajoute que l’antiquité n’a pas pensé là-dessus autrement quelui, et il en cherche dans Virgile, dans Platon, dans Pytha-gore, dans Apollonius de Thyane, dans Moïse, dans Jésus-Christ, la preuve surabondante et compendieuse. Il estsuperflu de le suivre dans ce travail d’érudition, qui n’ajouterien à la valeur intrinsèque de son idée fondamentale.
Tel est le document le plus essentiel qu’ait livré au publicl'école humanitaire. C’est à dessein qu’il a été analysé iciavec étendue, et certes avec plus de sérieux qu’il n’en mé-rite. Voyons maintenant si ces inventions merveilleuses sou-tiennent l’examen le plus superficiel.
Dans l’ensemble, il est facile de se convaincre que l’écri-vain qui a pu gravement tracer un pareil programme estplacé hors de toute réalité, et vit dans un autre monde quele nôtre, celui de ses rêves. Il déclare qu’il entend respecterla famille, la patrie., la propriété, et il demande une famillesans chef, une patrie sans gouvernement, une propriétésans titres. Y a-t-il à discuter des écarts semblables ? Lafamille lui semble un mal, parce que le père y commande aufils ; la patrie lui semblo un mal, parce que les citoyens y