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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
obéissent aux hommes investis du pouvoir ; la propriété luisemble un mal, parce que le titulaire en garde la jouissancepaisible, à l’exclusion de ceux qui n’y ont aucun droit. Voilàquels vices affreux notre réformateur trouve dans cette tripleinstitution. Est-il possible qu’il ne se soit pas aperçu que lapropriété, la famille et la patrie n’existent qu’à ces condi-tions, et qu’il faut qu’clies soient ainsi, sous peine de ne pasêtre? Y aurait-il une famille là où il n’y aurait plus ni ascen-dant , ni lien, ni ordre successoral ? Y aurait-il une patrielà où tout citoyen discuterait les conditions de son obéis-sance ? Y aurait-il une propriété là où la sécurité du déten-teur se trouverait chaque jour menacée et affaiblie? Cesquestions sont si faciles à résoudre qu’il est presque puérilde les poser.
Notre socialiste n’est pas plus heureux dans la querellequ’il cherche au christianisme et au mobile fécond qui enémane, la charité. Reproduisant la donnée déjà vieille dessaint-simoniens, il reproche à la loi évangélique d’avoirenseigné l’abnégation personnelle et de n’avoir pas fait uneassez grande part à l’amour de soi, si puissant dans le cœurde l’homme. C’est là une accusation au moins singulière. Aquoi bon stipuler ici-bas pour l’égoïsme ? Il sait se faire uneplace toujours trop grande et n’a pas besoin d’être excité.Est-il nécessaire d’encourager l’homme dans le penchantqu’il a à s’aimer, à se placer au-dessus de tout, à ne voirrien de préférable au culte de sa propre personne ? Unpareil mobile garde une énergie suffisante pour résister sou-vent aux conseils de la morale et aux devoirs de la religion,et l’on voudrait en empirer encore les effets par une sanctionostensible ! A cela les socialistes répondent que, puisque lacompression n’a pas pu, dans le cours des siècles , réduireun pareil instinct, c’est qu’il est dans la voloutç du Créateur