Buch 
Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
Entstehung
Seite
241
JPEG-Download
 

CONCLUSION.

241

île lui. Il n’en est aucun qui soit exempt de souillures, etc’est une "vieille maxime que celle qui conseille de gouver-ner les hommes à l’aide de leurs vices plutôt que de leursvertus. Cependant lorsque les mœurs reçoivent des attein-tes trop profondes, quand la société gémit de ces écarts quiont une date dans les annales d’un pays, il est bon de re-monter aux causes du mal et de signaler le germe corrup-teur d’où ces impuretés découlent. Ce germe est dans lesfaux principes où s’amollisent les esprits et qui mènent à descapitulations dangereuses. La philosophie de l’intérêt a im-primé à l’individu cette fatale habitude de se considérercomme le point de départ et le but de toute chose. Elle l’ainvité à juger ses propres actes au point de vue du profitqu’il en doit retirer, direct, ou indirect, médiat ou immé-diat. Quoi d’étonnant que, dans une pareille direction, ilait été conduit à méconnaître ses devoirs sociaux dans-l'in-terprétation libre de son intérêt particulier? Il en sera ainside tout principe où l'égoïsme trouvera un prétexte et unaliment. Il en sera ainsi tant qu’on n’en reviendra pas auxmobiles qui ont élevé l’homme et préservé la société, c’est-à-dire au dévouement, au détachement et à cet oubli desoi-même qui est le signe le plus noble que Dieu ait im-primé sur le front humain.

Ainsi l’utopie n’a respecté ni les croyances, ni les mœurs,et les mœurs moins que les croyances. La société saigneencore des blessures quelle lui a faites ; elle souffre des ré-voltes que ses appels ont provoquées. C’est à l’utopie qu’ilfaut attribuer le déchaînement des écrivains contre les in-stitutions les plus saintes, les plus nécessaires ; c’est à l’uto-pie que l’on doit l’éclat de ces procès où le monde oisif dé-cernait naguère des encouragements au poison et une auréoleà l’assassinat. L’utopie nous a valu ces héroïnes qui se font