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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.

régler les mouvements de la volonté de la manière la plusutile, la plus saine, la plus raisonnable.

Certes, voilà une philosophie, qui, pour un temps reli-gieux, s’en tenait bien exclusivement à la terre. Aujourd’huimême on n’oserait pas professer une doctrine où les fonc-tions de l’âme occupent une place aussi secondaire. Hobbesétait moins timide; il disait résolument et ouvertement cequ’il pensait. Sa philosophie affectait, comme celle de Spi-nosa , des formes géométriques ; sa métaphysique se com-posait de théorèmes. C’est là l’écueil de tous les esprits quiappliquent aux objets surnaturels les procédés des sciencesexactes. Repoussant tout ce qui ne peut pas se démontrer,ils aboutissent nécessairement à une négation universelle.Les éléments de cette doctrine se révèlent dans le premierouvrage de Hobbes : De cive (du citoyen), qu’il écrivit àParis, où il était venu chercher un asile contre les persécu-tions politiques ; mais ses véritables développements ne setrouvent que dans le Leviathan et surtout dans le Dëcame-ron philosophique , qui semble être la dernière expressionde son système.

Les idées de Hobbes sont complètes en ce sens qu’il aétudié l’homme dans trois ordres de relations, celles quil’élèvent à Dieu, celles qui stipulent ses droits vis-à-vis doses semblables, celles qui règlent ses devoirs envers les sou-verains. Les sphères religieuse, sociale et politique sontainsi parcourues. On vient de voir combien le philosophe semontreréservé en ce qui touche le ciel; il est, eu revanche,très-formel pour ce qui ne se dérobe pas à nos moyens deconnaître. L’homme devient pour lui l’objet d’une en-quête minutieuse, et, il faut l’ajouter, très-peu flattée.Hobbes est humoriste ; il ne voit pas l’espèce en beau,et la grande famille humaine est à ses yeux line race