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ÉTUDES 6UH IBS IIÉF0R9IATEÜRS.
droit de tous contre le droit de quelques-uns, a plus parti-culièrement pressenti l’avenir et entrevu le gouvernementdes classesmoycnnes,qui prévaut aujourd’hui dans plusieursÉtats du globe. Dans ce sens, Harrington a pour ascendantdirect le célèbre chancelier Thomas More, qui lui-même re-lève en ligne directe de Platon. Harrington, pourquoi évi-ter le mot? est. un utopiste et l’un des enfants de celtenombreuse famille qui , pour échapper au réel, s’abritedans l’imaginaire. Le spectacle des mômes violences con-duisit ainsi ces deux penseurs vers des combinaisons oppo-sées. L’un voulut comprimer les passions ; l’autre leurdonner un aliment qui les rendit moins malfaisantes. Évi-demment, dans l’œuvre de Harrington l’intention est plussaine que les moyens ; tandis que dans l’œuvre de Hobbesle moyen a plus de valeur que le principe. Un âge de fer estplus facilement réalisable qu’un âge d’or,et il sera toujoursplus aisé d’étouffer la plainte d’un peuple que de le rendreheureux.
Harrington est donc un rêveur, mais un rêveur innocent,sans engagement avec les partis, absorbé dans un idéal quile met au-dessus des intrigues contemporaines. Ce n’est pasqu’il n’eût dans l’esprit et dans les manières une finesse etune distinction remarquables, et qu’à certains égards il n’of-frît les qualités du courtisan accompli. On va le voir échap-per , quoique gentilhomme de la chambre de Charles I",aux foudres puritaines, et résister au choc qui brise laroyauté. Volontiers, parmi les têtes rondes, on le prend pourun cavalier, et parmi les cavaliers pour une tête ronde. îln’a ainsi les avantages ni les inconvénients d’une situationdécidée ; il n’est jamais ni triomphant ni vaincu. De la partde Harrington, cette modération n’est pas un calcul^cllc estdans le caractère ; elle a ses racines dans la réflexion, dans