HOBBES ET HAHBINGTOX.
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lue et la conduire jusqu’à ses derniers confins, est unetâche qui a toujours souri aux hommes de quelque valeur.Le paradoxe est une arme brillante ; manié avec habileté, iltient l’attention en haleine. On ne lui doit pas des conquêtessolides ; mais il répand quelque gloire et provoque quelquebruit autour des noms qui s’y appuient. Tel fut Hobbes,qu’on peut regarder comme le précurseur de Spinosa dansla philosophie de la sensation, et comme le conlinuateur deMachiavel dans l’empirisme politique. Ingénieux et profond,il mit une vaste érudition au service île pensées fausses.Vers la fin de ses jours-, il se sevrait de toute espece delecture, en disant avec finesse qu’à un certain âge l’es-prit a tout au plus la force de digérer les choses dontil est rempli '. Cette lassitude frappe surtout les écri-vains qui sacrifient au sophisme. Le champ de l’erreurest borné ; la raison seule a devant elle un espace sanslimites.
Voici maintenant, à côté de Hobbes et dans le mêmecercle d’événements, un penseur qui peut être regardécomme son antithèse. On le nomme Jacques Harrington; ilest issu d’une fort ancienne famille du Rutland. Ce n’çstplus là une intelligence de la trempe de celle de l’auteurdu Leviathan;, mais, par certaines facultés délicates, parquelques éclairs où perce le génie, il se montre supérieurà son contemporain ct en avant de lui. En célébrant la forcebrutale et la domination du petit nombre, Hobbes s’estposé comme l’énergique défenseur du passé; Harrington,on ouvrant l’accès du pouvoir à presque toutes les classes ,en se déclarant pour l’ensemble contre 1 q détail, pour le
1 Cétaôl de Hobbes à’été repris, dit on, par l'un de nos plus d(lotisesprits philosophes, M, Royer-Collard, q ;