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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES Sun LES IlÉFOnîUTEUnS.

Harrington avait conservé des relations avec danciensamis, parmi lesquels se trouvaient beaucoup de républicains,entre autres le major Wildman et divers membre du longparlement. Ces relations, on le devine bien, avaient étéfugitives et toutes conformes à lordre de pensées qui ani-mait Harrington. Cependant on ne craignit pas de lenve-lopper dans un complot puéril et insoutenable, au dire duchancelier lui-meme. Les prévenus sétaient rassemblésplusieurs fois, mais rien ne prouvait quil y eût rien de ré-préhensible dans leurs réunions et de coupable dans leurconcert. Assurément Harrington nétait pas un conspirateur.Tout au plus pouvait-il passer pour un rêveur politique, clcétait à ce litre que la persécution latteignit. Il comparutdonc devant lord Lauderdalc et subit plusieurs interroga-toires, dont il envoya des copies à sa sœur. Rien nest pluscurieux que ces dialogues, les rôles semblent intervertiset dans lesquels le prévenu fait la leçon au juge. En voiciun passage singulier. Cest Harrington qui parle : « Vousmaccusez, milord, dit-il au chancelier, de professer ouver-tement des principes hostiles au gouvernement du roi etaux lois du pays. On prétend quen ma qualité d'hommeprivé je navais aucun droit de mimmiscer dans les pro-blèmes politiques et dagiter les questions de gouvernement.Milord, il ny a pas de fonctionnaire public ni de magistratqui, jusquà ce jour, ait écrit, en matière politique, uneseule ligne qui vaille quelque chose. Tous ceux qui ont ex-cellé à traiter ces sujets ont été des hommes privés commeje le suis. Il y a Platon, il y a Aristote, il y a Tite-Live, ily a Machiavel. Milord, je puis résumer ici en peu de motsla politique dAristote. Il nomme une monarchie barbarecelle le peuple ne concourt pas à la confection des lois;il nomme une noble et grande monarchie celle le peuple