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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES Sun LES RÉFORMATEURS.

prouvai que cela nétait pas, au point que lon me prit alorspour un cavalier, travaillant au retour du roi, tandis quau-jourdhui le roi veut faire de moi une tète ronde. »

Tel fut le langage que tint Harrington à lord Lauder-dale, et il était difficile de réfuter victorieusement sont di-lemme.

Ici commence la phase calamiteuse de la vie de notrephilosophe.. En vain sa sœur dcmanda-t-clle avec instanceque le prisonnier fût admis à prouver son innocence devantun tribunal : personne nosa présenter sa pétition au parle-ment. Les traitements rigoureux commencèrent. Harringtonfut transféré dans lile de Saint-Nicolas, près Plymoulh, etautorisé plus tard, par une sorte défaveur, à habiter lechâteau de Plymoulh, dont le gouverneur eut pour luiquelques égards. Sa santé sétait graduellement altérée, etquelque désordre se laissaient voir dans ses facultés intel-lectuelles. La prison avait daffreux tourments pour ce cer-veau exalté et cet esprit actif ; des hallucinations traversaientparfois son intelligence et affectaient le caractère dune folietranquille. Lempirisme ajoutait à cet état maladif dautrescomplications. Un certain docteur, chargé du service duchâteau, sétait imaginé de traiter Harrington aveedesdosesde gaïae mêlées à son café. Celte drogue minait sa consti-tution. Enfin la famille envoya dautres médecins : ils trou-vèrent un vieillard amaigri, privé de sommeil, et purentsassurer quun semblable traitement eût suffi pour déter-miner une hypocondrie et même une altération mentalechez le sujet le plus robuste. Quant au docteur de la prison,il ne voulut pas revenir de son système, et déclara que Har-rington simulait la folie.

Scs hallucinations ne le quittèrent plus quau tombeau,11 avait des idées étranges sur les opérations des esprits