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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.

les ambitions, de pâture à toutes les tyrannies. Toujours et partout,on berça les hommes de belles paroles : jamais et nulle part, ils n'ontobtenu la chose avec le mot. De temps immémorial, on nous répèteavec hypocrisie : Les hommes sont égaux; et de temps immémorial laplus avilissante comme la plus monstrueuse inégalité pèse insolem-ment sur le genre humain. Depuis qu'il y a des sociétés civiles, leplus bel apanage de l'homme est sans contradiction reconnu, mais ilna pu encore se réaliser une seule fois; légalité ne fut donc quunebelle et stérile fiction de la loi Aujourdhui qu'elle est réclamée dunevoix plus forte, on nous répond : Taisez-vous, misérables! L'égalité defait nest qu'une chimère ; contentez-vous de légalité conditionnelle :vous êtes tous égaux devant la loi. Canaille, que te faut-il de plus? Cequil nous faut de plus ? Législateurs, gouvernants, riches proprié-taires, écoutez à votre tour.

Nous sommes tous égaux, n'est-ce pas ? Ce principe demeure incon-testé, parce, que, à moins dêtre atteint de folie, on ne saurait dire sé-rieusement qu'il fait nuit quand il fait jour.

Eh bien ! nous prétendons désormais vivre et mourir égaux commenous sommes nés ; nous voulons légalité réelle ou la mort : voilà eequ'il nous faut.

Et nous laurons, légalité réelle, nimporte à quel prix. Malheur àceux que nous rencontrerons entre elle et nous ! Malheur à qui feraitrésistance à un vœu aussi prononcé !

La révolution française nest que lavant-courière dune autre révo-lution bien plus grande, bien plus solennelle, et qui sera la der-nière.

Le peuple a marché sur le corps aux rois et aux prêtres coaliséscontre lui ; il en sera de même aux nouveaux tyrans, aux nouveauxtartufes politiques, assis à la place des anciens.

Ce qu'il nous faut de plus que légalité des droits?

li nous faut non pas seulement cette égalité transcrite dans la Dé-claration des droits de lhomme et du citoyen, nous la voulons aumilieu de nous, sous le toit do nos maisons. Nous consentons à toutpour elle, à faire table rase pour nous en tenir à elle «ente. Périssent,Sil le faut, tous les arts, pourvu quil nous reste légalité réelle !

Législateurs et gouvernants qui navez pas plus de génie que debonne foi, propriétaires riches et sans entrailles, en vain essayez-éousde neutraliser cette sainte entreprise, en disant : lis ne font que repro-duire cette loi agraire demandée plus dune fois avant eux.

Calomniateurs, taisez-vous à votre tour, et, dans le silence de laconfusion, écoutez nos prétentions, dictées par la nature et basées surla justice.