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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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NOTES.

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wpriété. Alors chacun fut le mal Ire absolu de tout ce qu’il pouvait rc-i tirer des champs qui lui étaient échus et de l’industrie qu'il pouvait| exercer.

Ç II est probable que les hommes voués aux arts de première nécessité' furent exclus en même temps de toute possession territoriale qu’ils; n’avaient pas le temps d’exploiter. Les uns restèrent ainsi les maîtresdes choses nécessaires à l’existence, tandis que d’autres n’eurent droit: qu'aux salaires qu’on voulait bien leur payer. Néanmoins, ce change-î ment n’en amena pas un sensible dans les jouissances, tant que le

Î nombre des salariés n’excéda pas celui des possesseurs de terres. Maisaussitôt que les accidents naturels, l’économie ou l’adresse des uns,la prodigalité ou l’incapacité des autres, ayant réuni les propriétésJ territoriales en un petit nombre de familles, les salariés furent beau-j coup plus nombreux, ceux-ci furent à la merci des premiers qui, fiersde leur opulence, les réduisirent à une vie très-frugale.

De cette révolution datent les sinistres effets de l’inégalité, déve-loppés au premier article. Depuis, on a vu l’oisif vivre, par une révol-tante injustice, des sueurs de l’homme laborieux, accablé sous lefardeau des fatigues et des privations; on a vu le riche s’emparer del’État et dicter en maître des lois tyranniques au pauvre violenté parle besoin, avili par l’ignorance et trompé par la religion.

Les malheurs de l’esclavage découlent de l’inégalité, et celle-ci dela propriété. La propriété est donc le plus grand fléau de la société ;c’est un véritable délit public.

On nous dira que la propriété est un droit antérieur à la société,qui a été instituée pour le défendre. Mais comment avait-on pu avoirl’idée d’un semblable droit avant que ces conventions eussent assuréau propriétaire les fruits de son travail ? Comment la société a-t-ellepu devoir son origine à l’institution la plus subversive de tout senti-ment social ?

Que l’on ne dise pas enfin qu’il est juste, que l’homme laborieux etéconome soit récompensé par l’opulence, et que l’oisif soit puni par lamisère. Sans doute, il est équitable que l’homme actif ou acquittantsa dette reçoive de la patrie ce qu’elle peut donner sans se détruire ;il est équitable qu’il en soit récompensé par la reconnaissance pu-blique ; mais i! ne saurait acquérir par là le droit d’empoisonner sonpays, pas plus qu’un soldat n’acquiert par sa valeur le droit de l’as-servir.

Quoiqu'il y ait des mauvais sujets qui doivent imputer àjleurs pro-pres vices la misère où ils sont réduits, il s’en faut de beaucoup quetous les malheureux puissent être rangés dans cette classe. Une foulede laboureurs et de manufacturiers, que l’on ne plaint point, vivent au