DE CONDORCET.
CXUj
n’avait rien spécifié concernant les peines quiseraient attachées aux infractions. Une pareilleloi, une loi dépourvue de sanction, n’est obser-vée dans aucun pays et tombe bientôt en désué-tude. Ce fut sans doute pour rappeler sonexistence que le jour anniversaire de la séanceoù l’Assemblée constituante la vota, que le 19juin 179a, l’Assemblée législative fît brûler àParis une immense quantité de brevets ou di-plômes de ducs, de marquis, de vidâmes, etc.La flamme pétillait encore au pied de la statuede Louis XIV ; le dernier aliment qu’on luifournissait était peut-être le titre original desmarquis Caritat de Condorcet, lorsqu’à la tri-bune nationale l’héritier de cette famille de-manda qu’on étendit la même mesure à toute laFrance. La proposition fut adoptée a l’unanimité.
Cette proposition a été textuellement recueil-lie et insérée au Moniteur (1). Elle n’est évidem-ment relative qu’aux titres nobiliaires. Partisandécidé de l’unité dans le pouvoir législatif,Condorcet espérait dérouter ses adversaires,ceux qui méditaient alors la création de deux
(1) Voir le discours de Condorcet du 19 juin 1792.
I.
TI