DE CONDORCET. CXXXV1J
pinceau; elle exercera sur eux la fascination dutalent, et s’en fera presque des protecteurs, Dèsque la peinture commencera à ne plus être lu-crative, madame Condorcet, exempte de pré-jugés, n’hésitera pas à créer un magasin delingerie dont les bénéfices seront exclusivementconsacrés à d’anciens serviteurs. C’est là que,pour la première fois, depuis la révolution de89, nous rencontrerons le nom du chef de notre secrétariat, de l’excellent M. Cardot. Plustard, madame Condorcet sera l’habile traduc-teur de l’ouvrage d’Adam Smith sur les senti-ments moraux, et publiera elle-même des lettressur la sympathie, également dignes d’estime parla finesse des aperçus et par l’élégance du style.
Les premiers pas, les premiers succès demadame Condorcet dans la carrière d’abnéga-tion personnelle, de sacrifices de tous les ins-tants, de dévouement courageux dont je viensde tracer l’esquisse, devinrent un baume répa 1rateur pour l’âme à demi anéantie du malheu-reux proscrit. Lui aussi, dès ce moment, sesentit capable d’un travail persévérant et sé-rieux. La force, la lucidité de son esprit nefurent pas moins entières, dans la cellule sur