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Tome premier.
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CLXVIII
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clxviij BIOGRAPHIE

tentif dans le cercle très-étendu de sa société,et qu’après une longue épreuve elle s’avouavaincue. Son esprit fin, pénétrant, n’était par-venu à saisir dans Condoreet ni un trait, niun mouvement, ni même un symptôme devanité, quoiqu’elle l’eût vu presque tous lesjours pendant plusieurs années, et sans cesseen contact avec des littérateurs, des philosophesou des mathématiciens.

La jalousie est la juste punition de la vanité;Condorcet n’éprouva donc jamais cette cruelleinfirmité. Lorsque , absorbé par les devoirs im-périeux de secrétaire de l’Académie, et, aussi,par une polémique littéraire ou politique detous les jours, notre confrère se vit obligé derenoncer aux plaisirs vifs et purs que donnentles découvertes scientifiques, il n’en écrivaitpas moins, comme d’Alembert malade, auxEuler, aux Lagrange, aux Lambert : « Donnez-« moi des nouvelles de vos travaux. Je suis« comme les vieux gourmands, qui, ne pouvant« plus digérer, ont encore du plaisir à voir« manger les autres. »

Condorcet avait poussé si loin le besoin de serendre utile, qu’il ne fermait jamais sa porte à