DE CONDORCET.
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dangers. Je ne résiste pas au plaisir de citer cetteconclusion si gaie d’un des plaidoyers de notreancien secrétaire : « Le livre ne fera aucun mal« ni à moi ni à d’autres bonnes gens. L’auteur« a beau dire, il ne m’empêchera pas d’aimer« mes amis ; il ne me condamnera pas à l’ennui« mortel de penser sans cesse à mon mérite ou« à ma gloire ; il ne me fera pas accroire que,« si je résous des problèmes, c’est dans l’espè-ce rance que les belles dames me rechercheront,ce car je n’ai pas vu jusqu’ici qu’elles raffolas-« sent des géomètres. »
La vanité règne en souveraine dans toutesles classes de la société, et particulièrement, dit-on , parmi les gens de lettres. Nous pouvonsaffirmer, néanmoins, que ce mobile, que ce sti-mulant si ordinaire, si actif de nos actions,n’effleura jamais la belle âme de notre ancienconfrère. Quelques faits ont déjà témoigné dece phénomène. J’ajouterai ici qu’à la suited’une vive controverse touchant cette questionde morale, mademoiselle de l’Espinasse em-brassa le parti de ceux qui soutenaient que lanature, en ce genre, ne fait pas de miracles;qu’elle promit de se livrer à un examen at-