ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET.
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Je ne mets point dans cette lettre la copie des pa-piers qui sont entre les mains de madame la duchessed’Enville, pour ne pas rendre le paquet trop gros.
Les premiers marrons que j’enverrai seront adressésà M. de Rosni-Colbert.
Les vieilles petitespattes de Raton se joignent pourvous embrasser.
V.
32 . A CONDORCET.
ai janvier 1775.
Madame Denis et. moi, nous avons l’un et l’autreau chevet de notre lit le portrait de M. de Rosni-Colbert-Turgot.
Je n’ose croire que nous le tenions de ses bontés,mais enfin, nous l’avons, et si nous allions à Parisce carême, nous n’enverrions pas chercher nos pou-lardes à l’Hôtel-Dieu ( 1 ).
Quelle rage avait donc saisi ce diable de Linguet?11 avait écrit d’abord contre la mauvaise habitude demanger du pain, et aujourd’hui il écrit contre la pré-cieuse liberté de ce commerce nécessaire!
Raton prie vivement l’un des deux Bertrands d’é-crire à Frédéric à la première occasion, et de louerprodigieusement ce Frédéric de la protection éclairéequ’il donne à mon cher et vertueux d’Étallonde.
(1) L’Hôtel-Dieu avait autrefois le privilège exclusif de ven-dre de la viande en carême. Turgot abolit ce privilège, et par làs’attira la haine des dévots.