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correspondàkce
Mes Bertrands, mes dignes Bertrands, si vous pou-viez voir mon d’Etallonde, vous seriez tentés d’exter-miner les auteurs d’un arrêt par lequel on devaitcouper la main qui dessine mieux qu’aucun ingé-nieur, des plans de fortifications, de sièges, de ba-tailles, et des cartes géographiques; arracher avecdes tenailles ardentes une langue qui ne parle qu’àpropos et qu’avec la plus grande modestie, et jeterdans les flammes une figure douce et aimable, quin’a jamais commis le moindre excès. Les pleurs meviennent aux yeux, et la rage me vient à l’âme, quandje considère qu’un seul bigot d’Abbeville (i) a produittoutes ces horreurs, cent fois plus infernales quel’assassinat des Calas.
Nous aurons la preuve que toutes ces accusationscontre d’Étallonde sont autant de calomnies. Souve-nez-vous bien, mes bons Bertrands, que nous nedemandons qu’un sauf-conduit honorable, tel qu’onle doit à un officier de Frédéric. Songez bien que c’està M. de Yergennes à donner ce sauf-conduit, qu’onne peut refuser; que nous nous sommes adressés àmadame la duchesse d’Eqville, pour qu’elle fasseparler à M. de Yergennes par M. de Maurepas (a);et qu’en même temps nous avons envoyé à M. l’am-bassadeur du roi de Prusse le modèle du sauf-conduitdemandé. Madame la duchesse d’En ville sentira quenous n’avons pu nous empêcher d’instruire de toutle ministre du roi de Prusse, parce qu’il a des ordres
(i) Belleval, lieutenant de l’élection d’Abbeville.
(a) Voyez cette lettre, t. XIX, p. i8i,des œuvres de Yoltaire.