CORRESPONDANCE
J 26
défendrai la patrie après avoir été maltraité par elle?
Je reviens à M. Castillon et à M. Bitaubé, mesdeux consolateurs. Que je les remercie de m’avoirfait connaître Biaise! Ce Biaise touchait donc à lafois à l’extrême force d’esprit et à l’extrême folie?Cela est bon à savoir, on en peut tirer d’étrangesconclusions. Je connaissais déjà son éloge; M. deBitaubé, qui m’honore de son amitié, m’avait en-voyé le manuscrit; il était un peu plus ample,et il y a des différences. Je suis maintenant dans legrenier à blé. M. Bitaubé en chasse les charançons, et les rats, et fait de belles avenues de tous côtés,pour qu’on arrive librement à son grenier. Je l’enfélicite et je l’en remercie. J’aime passionnémentque les portes du temple de Cérès soient toujoursouvertes. Conservez-moi, je vous en prie, mon braveet grand philosophe, les bontés de ce M. Bitaubé',à qui je serai attaché tout le reste de ma vie avecun très-tendre respect. V.
64. A VOLTAIRE.
La Roche-Guyon , ce 6 octobre 1776.
J’ai reçu avec bien du plaisir, mon cher et illus-tre maître, votre lettre sur Shakspeare (x). C’est unedémonstration, ou il n’y en a point en matière degoût, et je ne crois pas qu’à l’exception des gensqui savent juste en quelle année les planètes ont
(1) Lettre de M. de Voltaire à l’Académie française , t. LXVIIIdes œuvres de Voltaire.