ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. 127
été détachées du soleil, personne ne s’avise de larévoquer en doute. J’ai été édifié de la colère quevous a causée tout le galimatias physique du comtede Buffon ; mais il faut ou le laisser passer sans motdire, ou s’en moquer : un savant se reudrait ridicules’il allait combattre sérieusement de telles chimères.Cela est du même genre que le peuple qui habitaitla Sibérie, lorsque le globe de la terre n’était pasaussi froid que de nos jours. Mais qu’importe, lessottises passent, les vérités restent, et ce sont pré-cisément ces sottises qui avertissent les ignorantsen place, de l’existence des sciences et qui excitentleur curiosité. C’est la parade qu’on joue à la portepour engager les passants à entrer.
Letourneur n’est plus secrétaire de la librairie;on lui a ôté cette place dans le temps que les hon-nêtes gens étaient à la mode. Vous savez que cettemode était venue avec celle des coiffures hautes, etqu’elle a duré moins de temps.
Je voudrais que nos blés fussent de votre goût.C’est une lâcheté que de remettre à d’autres les in-térêts publics qui s’attachent aux nôtres.
Joignons à la douceur de venger nos amisLa gloire qu’on emporte à servir son pays.
Il m’est tombé entre les mains un commentairedes aumôniers du roi de Prusse, sur un livre fortancien (i). C’est dommage que le commentaire ne
(i) La Bible enfin expliquée par les aumôniers du R. D. P.M. Beuchot prétend que ces initiales R. D. P. doivent se traduire