ENTRE TURGOT ET CONDORCET.
avait persécutée, précisément comme le parlementavait vexé le grand conseil.
Il fait un temps effroyable qu’on dit être excellentpour les biens de la terre, c’est-à-dire ici pour leblé et surtout pour l’avoine et le foin, dont nousconsommons beaucoup.
Adieu, Monsieur; écrivez-moi quelques nouvellesquand il y en aura, et surtout donnez-moi des vôt res.
47 . A CONDORCET.
Paris, le 26 avril 177/e
Je suis tout honteux, Monsieur, que vous m’ayezprévenu. Mais chaque jour je suis de plus en plusgagné par le temps. Je ne sais comment vous faitespour faire tant de choses, et être encore autant àvos amis et à la société. Je souhaite que votre santén’en souffre pas, et vous exhorte à profiter de votreséjour à la campagne pour ménager surtout vos yeux.
Vous avez vu le cheval Pégase (1): n’en êtes-vouspas enchanté? Pour moi, j’ai vu enfin cet opéra deGluck (2). Il y a des morceaux qui m’ont fait leplus grand plaisir : tels sont le choeur de l’arrivéed’Iphigénie, les adieux d’Achille et d’Iphigénie, desdeux parts; les morceaux que chante Clytemnestreà la fin du troisième acte, et le quatuor de la fin. Cesmorceaux m’ont paru de la plus grande beauté. Il yen a d’autres qui m’ont fait plaisir; mais je n’y ai pas
(1) Dialogue de Pégase et du vieillard, par Voltaire.
(2) Iphigénie en Aulide, jouée pour la première fois le 19 avril1774. Ce fut le début de Gluck à l’opéra de Paris.