Band 
Tome premier.
Seite
238
JPEG-Download
 

ü38

CORRESPONDANCE

trouvé en général assez de morceaux de chant ; ettant de récitatifs, parlés ou obligés, ou d’airs quise rapprochent beaucoup du récitatif, m’ont laissédésirer quelque chose. C’est peut-être la faute dupoète, qui n’a point donné au musicien des parolesbien coupées, liées à l’action et propres au chant.Peut-être aussi le musicien a^-t-il sur cela un fauxsystème. Je trouve, comme l’abbé Arnaud, que leschœurs gagnent plus à être en action qu’ils ne per-dent à être moins compliqués que ceux de Rameau.L’ouverture m’a plu comme chant (i), mais je n’yai rien vu de tout ce que l’enthousiasme de l’abbéArnaud lui a fait voir. J’ai été très-flatlé, dans monignorance, devoir que mon impression était assezconforme au jugement de l’ambassadeu r de Naples ( 2 ).Le pauvre ambassadeur nous quitte sans rémission àla fin de la semaine.

Il n’v a d’ailleurs aucune nouvelle; les politiquesprétendent que les cobrigands de la Pologne (3)vont se diviser, et que M. de Lascy fait sa cour àmadame, et même à M. Dubarry, pour tâcher denous entraîner dans cette querelle. Pour moi, j’es-père beaucoup de notre sagesse et un peu de notreimpuissance. Adieu, Monsieur; je voulais vous par-ler de vos affaires et de physique, mais je n’ai quele temps de vous embrasser avec la plus véritableamitié. Mademoiselle de l’Espinasse a souffert depuis

(1) On la fit répéter à la première représentation.

(2) Caraccioli.

(3) Les trois puissances qui s’étaient partagé la malheureusePologne : la Russie, la Prusse et l’Autriche.