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Tome premier.
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289
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CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. 289

choses flatteuses que votre amitié pour moi vous ainspirées sur l’éloge de M. de la Condamine. Si cetouvrage a quelque mérite, c’est d’être écrit simple-ment, et il est fâcheux d’être obligé de regarder celacomme un mérite. J’ai saisi avec plaisir l’occasionde rendre justice à un vieillard illustre sur lequeltous les insectes de notre littérature s’acharnent avectant de bassesse et d’indécence. Je n’ai pu dire qu’unmot de ses Eléments de la philosophie newtonienne ;sans cela j’aurais fait observer que cet ouvrage estencore le seul où les hommes qui n’ont point cul-tivé les sciences, puissent acquérir des notions sim-ples et exactes sur le système du monde et sur lathéorie de la lumière; que ces éléments, bien loinde renfermer des fautes grossières, comme l’ont im-primé des gens qui n’étaient pas en état de les enten-dre, ne renférment même aucune erreur qu’on puisseimputer à M. de Voltaire. Car, s’il y en a quelques-unes, ce sont des opinions qu’il a adoptées d’aprèsle témoignage des auteurs les plus accrédités, j’au-rais pu faire observer encore que, lorsque M. deVoltaire donna cet ouvrage, le premier des géomè-tres de l’Europe, Jean Bernoulli, combattait encorele newtonianisme ; que plus de la moitié de l’Acadé-mie des sciences était cartésienne; que Fontenelieenfin, si supérieur à tous les préjugés de secteou de nation, Fontenelie, qui n’avait pas trente anslorsque le système de Newton parut, et qui était dupetit nombre de gens qui pouvaient l’entendre, que

La Harpe. Voyez ci-dessus la lettre de Voltaire, du 18 juillet1774, p. 34 , où il remercie Condorcet de sa complaisance.

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