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Tome premier.
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3o8 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE.

traite assurée de i,4oo livres de notre monnaie; aulieu qu’en quittant aujourd’hui il perdrait dix-huitans de sa vie, employés dans l’espérance de cette re-traite. Mais Votre Majesté pourra aplanir cet obsta-cle. Les professeurs qui voyagent par ordre du roipeuvent conserver leur titre en se faisant remplacer;et si Votre Majesté paraissait y prendre quelque in-térêt, cet ordre ne serait pas difficile à obtenir.

Par là elle acquerrait un très-bon professeur degrammaire, un académicien d’une érudition très-distinguée , et qui a su y porter de l’esprit et unephilosophie très-rare parmi cette classe de savants. Jepourrais proposer à Votre Majesté d’autres hommesde mérite,mais aucun qui fût du même ordre. D’ail-leurs une longue habitude d’enseigner, et une con-duite exempte de reproches dans un corps où sesopinions et son mérite lui ont fait des ennemis etdes jaloux, semblent des avantages que bien peud’hommes de lettres auraient au même degré.

M. Beauzée, dont Votre Majesté m’a fait l’honneurde me parler, est âgé , assez dévot, très-flatté de sié-ger à l’Académie française ; et, quoique peu riche, ila pour lui-même et pour ses enfants des espérancesqui le retiennent ici.

J’espère pouvoir bientôt remplir les intentions deVotre Majesté pour un professeur de philosophie etde belles-lettres : mais elle connaît trop bien l’étatde notre littérature et de notre philosophie, pour nepas me pardonner un peu de lenteur dans l’exécu-tion de cette partie de ses ordres.

Je suis avec le plus profond respect,etc.