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Tome premier.
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CORRESPONDANCE GENERALE.

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dont vous avez été la victime. Elle sent tout ce qu’ontperdu les sciences par la destruction des travaux quevous aviez préparés pour elles. Ce n’est pas vous,Monsieur, qui êtes à plaindre : votre vertu et votregénie vous restent ; et il n’est pas au pouvoir deshommes de vous ôter le souvenir du bien que vousleur avez fait; ce sont les malheureux dont de cou-pables manœuvres ont égaré la raison, et dont lesremords ont déjà puni le crime.

Vous n’êtes point le premier ami de la libertécontre lequel les tyrans aient armé ce même peupledont il défendait les droits. C’est le moyen qu’ils seréservent contre celui que son désintéressement,l’élévation de son âme et la pureté de sa conduite,mettent également à l’abri de leurs séductions et deleurs vengeances. Ils le calomnient, parce qu’ils nepeuvent ni l’intimider ni le comprendre ; ils armentcontre lui les préjugés, quand ils n’osent même es-sayer d’armer les lois; et ce qu’ils ont fait contrevous est l’hommage le plus glorieux que la tyranniepuisse rendre à la probité, aux talents et au cou-rage.

Il se forme actuellement en Europe une ligue contrela liberté générale du genre humain ; mais depuislongtemps il en existe une autre occupée de propa-ger, de défendre cette liberté sans autres armes quela raison, et celle-ci doit triompher. Il est dans l’or-dre nécessaire des choses que l’erreur soit passagèreet la vérité éternelle; sans cela, elle ne serait pas lavérité. Les hommes de génie , soutenus de leurs ver-tueux disciples, mis dans la balance avec la tourbe