334 CORRESPONDANCE GENERALE.
des intrigants corrompus, instruments ou complicesdes tyrans, doivent finir par l’emporter sur elle.
Ce beau jour de la liberté universelle luira pournos descendants; mais, du moins, nous en auronsvu l’aurore, nous en aurons goûté l’espérance, etvous, Monsieur, vous en aurez accéléré l’instant parvos travaux, par l’exemple de vos vertus, par l’in-dignation qui, dans l’Europe entière, s’est élevéecontre vos persécuteurs, par l’intérêt d’attendrisse-ment et d’admiration qu’a excité ce malheur, quin’a pu atteindre jusqu’à votre âme.
Je suis avec un inviolable et respectueux attache-ment , Monsieur et très-illustre confrère, votre, etc.
Condorcet,
Secrétaire de l’Académie des sciences.
33, CONDORCET A UN JEUNE FRANÇAIS QUI SETROUVAIT A LONDRES. '
( I 79 2 -)
J’apprends avec plaisir, Monsieur, que mes lettresne vous ont point été inutiles. Si vous voyez mylordStanhope, dites-lui, je vous prie , de ne regarder l’é-vénement du 10 août ni comme la suite d’un com-plot, ni comme celle d’un simple mouvement po-pulaire. Il y avait plusieurs mois que je ne voyaisd’autre moyen de conserver la liberté, et avec elle l’or-dre établi par la constitution , si l’Assemblée ne pre-nait pas une marche ferme, sage, active, qui rédui-sît la cour à l’impossibilité de tramer des complotscontre la liberté, et d’exciter sans cesse les inquiétu-