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Tome premier.
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AUX AUTEURS DU JOURNAL DE PARIS. 345

longtemps que je n’ai plus d’amour-propre pourmoi ; mais j’en ai encore pour mon siècle et pourmon pays.

Je ne puis souffrir qu’on s’amuse à calomnier ceuxqui leur font honneur, et j’ai vu avec peine, dansvotre numéro ioq, l’anecdote qui termine la lettresur les crétins. Cette anecdote , qui est absolumentfausse, n’est rien moins que nouvelle; mais l’auteurde la lettre i5o l’a défigurée. Il a mis les seigneursqui suivirent saint Louis à la place des croisés quiprirent Constantinople, et un bal donné aux bellesSyriennes au lieu d’une partie de débauche, faitedans l’église de Sainte-Sophie. En effet,il n’est pasquestion, dans Y Essai sur l’histoire générale , du baldonné en Syrie par les courtisans de saint Louis. Iln’eût donc fallu que consulter cet ouvrage pour re-connaître la fausseté de l’anecdote, puisqu’on ytrouve des détails sur le sac de Constantinople, etpour s’assurer que ces détails sont rapportés parl’historien grec Nicétas , cité dans X Essai sur l’histoiregénérale. M. de Voltaire les a même beaucoup adou-cis, et l’abbé de Fleuri, cet écrivain si impartial etsi exact, n’a pas craint de les copier presque en en-tier, quoique tirées d’un écrivain suspect, parce quele récit de Nicétas est confirmé par une lettre que lepape Innocent a écrite au marquis de Montfer;rat,un des généraux des croisés, et où il leur reprocheles mêmes abominations. Il fallait ouvrir trois ouquatre volumes; mais, comme vous voyez, l’anec-dote est toujours fausse, même en rétablissant savéritable leçon. J’ai vérifié un grand nombre d’im-