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Tome premier.
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A l’académie FRANÇAISE. 439

ment le plus universel et le plus utile que l’esprithumain ait inventé dans les sciences, j’aurais peintun grand géomètre; mais ces traits lui seraient com-muns avec d’autres hommes qui ont illustré notresiècle. Ce qui caractérise surtout M. D’Alembert,c’est d’avoir inventé un nouveau calcul nécessaireaux progrès des sciences physiques, tandis que lescalculs de Newton et de Leibnitz semblaient avoiratteint le terme des forces de l’esprit humain ; c’estd’avoir saisi dans la nature un principe'général etnécessaire, auquel tous les corps sont également as-sujettis, et qui détermine leurs mouvements ou leursformes dès qu’on connaît les forces qui agissent surleurs éléments ; c’est d’avoir tracé le premier la ligneque l’axe de la terre décrit dans les cieux, et calculéles causes qui, en le balançant dans l’espace, luifont accomplir sa longue période, dont elles conser-vent la lente et paisible uniformité; c’est, enfin,d’avoir illustré son nom par plusieurs de ces gran-des découvertes qui survivent aux ouvrages de ceuxqui les ont faites, aux méthodes même qui les ontproduites, et sont éternelles comme les lois de lanature dont elles ont révélé le secret.

Les sciences se tiennent par une chaîne qui unitchacune d’elles à toutes les autres, et au point oùelles se rapprochent, elles se prêtent des secoursmutuels. Souvent les mathématiques ne peuvent at-tendre que d’une saine métaphysique la solution desdifficultés quelles présentent, tandis que la méta-physique a besoin de la science du calcul pour nepoint s’égarer dans ses méditations sur la nature de-