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Tome premier.
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438
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DISCOURS

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Ainsi, cette fausse politique qui fondait la pros-périté d’un peuple sur les malheurs ou l’ignorancedes nations étrangères, a du disparaître avec la faussephilosophie qui voulait trouver dans les erreurs po-pulaires la source de notre bonheur et de nos vertus.Une philosophie plus vraie, plus noble, plus con-forme à la nature, s’est élevée sur les ruines de cesvaines opinions que le mépris pour l’espèce humaineavait enfantées, et qui ont flatté trop longtemps l’i-gnorance et la corruption des hommes puissants. Unelumière nouvelle s’est répandue; et, tandis que ceuxqu’elle éblouit ne se lassent point d’en prédire lesfunestes effets, déjà des rives de la Delaware auxbords du Danube, vingt peuples applaudissent aubien qu’elle a fait.

Mais puis-je m’arrêter à vous parler des progrèsde la raison, lorsque tout me rappelle que nousavons à gémir sur les pertes qu’elle a éprouvées?

Le grand homme que vous remplacez, et à quivotre amitié juste et, courageuse vient de rendre unsi noble hommage , fut un des plus dignes appuisde la raison par son génie, par son caractère et parses vertus.

Au sortir de l’enfance, entraîné vers la vérité pat-un instinct irrésistible, il se dévoua tout entier àces sciences où elle règne sans partage, et bientôtil en eut reculé les limites. Si je me bornais à vousciter les problèmes importants qu’il a résolus, lesquestions épineuses et difficiles qu’il a éclaircies, lesméthodes qu’il a inventées ou perfectionnées, lesvérités dont il a enrichi le calcul intégral, l’instru-