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Tome premier.
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SUR LES SCIENCES MATHÉMATIQUES. /|6§

quiète curiosité, ni enfin l’art d’assujettir le hasardmême aux combinaisons du calcul?

Il ne serait pas moins impossible de développerici les simples éléments de toutes les parties de cettescience. L’art de composer les livres élémentairess’est perfectionné sans doute; on voit de nos joursdes hommes qui unissent le talent des sciences à unesprit philosophique, ne pas croire avilir les palmesque les compagnies savantes leur ont décernées, enconsacrant une partie de leur vie à donner les élé-ments des mêmes sciences dont ils ont hâté les pro-grès, joindre ainsi la couronne civique à leurs lau-riers, et à l’honneur d’avoir fait des découvertes, lemérite d’aplanir aux autres le chemin qui y con-duit. Mais il reste encore des difficultés que toute laperfection des ouvrages élémentaires ne peut sur-monter.

Les sciences mathématiques ont une marche quileur est propre. Quelque objet qu’elles considèrent,elles le dépouillent de toutes ses qualités sensibles,de toutes ses propriétés individuelles, et bientôt iln’est plus qu’un rapport abstrait de nombre ou degrandeur. On désigne ce rapport par une lettre oupar une ligne; l’objet lui-même est alors oublié; ilcesse d’exister pour le mathématicien. Ces signes ,arbitraires en apparence, sont l’unique objet de sesméditations; c’est sur eux seuls qu’il opère, et cen’est qu’après être parvenu au dernier résultat qu’ilrevient sur les premières opérations, et qu’il appliquece résultat à l’objet réel dont il avait cessé de s’occu-per. Les vérités certaines trouvées par cette méthode