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Tome premier.
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DISCOURS

47 °

paraissent au premier coup d’œil n’être que des vé-rités intellectuelles et abstraites; on a pu les prendrepour des propositions identiques, en oubliant queles combinaisons diverses des mêmes éléments nesont pas une même chose. On serait encore plustenté de croire qu’elles n’appartiennent point à lanature physique. Mais ce serait une erreur, car ellessont des vérités réelles lorsque le phénomène auquelvous les avez appliquées existe dans l’univers telque vous l’avez supposé; et si votre hypothèse n’estpas d’une exactitude rigoureuse, les mêmes métho-des vous feront encore connaître jusqu’à quel pointle résultat de vos calculs peut s’écarter de la nature,entre quelles limites la vérité réelle est resserrée, etquel est le degré de probabilité qu’elle soit ou nesoit pas entre des limites plus rapprochées.

Cette méthode, si précise et si sûre, est tellementpropre aux sciences mathématiques, tellement éloi-gnée des opérations de l’esprit dans les autres étu-des ou dans la conduite de la vie, que l’habitudeseule peut en rendre l’usage facile, en faire dispa-raître la sécheresse, et dispenser d’une contentiond’esprit pénible ceux qui veulent s’y assujettir. Au-cun moyen de l’art, aucun don de la nature ne peu-vent suppléer à cette habitude, et l’on ne peut fairede progrès que par une étude longue et assidue. Cen’est pas tout encore : on sait que les mathématiquesont une langue particulière qui a le mérite unique den’avoir point d’expressions équivoques, et de soumet-tre les opérations de l’esprit à des formes qui obli-gent à raisonner juste. Si on essayait de traduire en