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Tome premier.
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SUR LES SCIENCES MATHEMATIQUES. 479

conviennent qu’aux hommes. Ce serait alors lui ins-pirer un préjugé dangereux, celui de cette préten-due inégalité entre les deux sexes, qui a rendu leslois et les principes de l’opinion également injustesenvers les femmes chez presque toutes les nations dela terre, préjugé que, malgré la galanterie dont leshommes se vantent chez quelques-unes de ces na-tions, les lumières n’ont pu affaiblir encore.

Une légère instruction, telle qu’on pourra la pui-ser dans nos cours, suffira pour retarder une époquesi dangereuse dans l’éducation, jusqu’au moment oùl’enfant plus formé, en s’apercevant qu’il en saitplus que ses parents, n’éprouvera d’autre sentimentque celui de la reconnaissance. Pourquoi d’ailleursne chercherait-on pas à différer autant qu’il est pos-sible l’instant où il faut livrer un enfant à des mainsétrangères? Quel bonheur pour lui, si, dans les pre-miers temps où il doit être soumis au devoir si pé-nible à cet âge de fixer son attention , ce devoir pou-vait être allégé par ces soins que la tendresse ma-ternelle sait employer avec tant de douceur! Lespremiers principes des connaissances perdraienttoute leur sécheresse et toute leur austérité, s’il lesrecevait d’une voix si chère. Or les premières no-tions mathématiques doivent faire partie de l’éduca-tion de l’enfance. Les chiffres, les lignes, parlentplus qu’on ne croit à leur imagination naissante, etc’est un moyen sûr de l’exercer sans l’égarer. D’ail-leurs, en ce genre, la manière d’enseigner peut secalculer comme la science même; on peut propor-tionner la marche de l’éducation à toutes les forces