ET LE CALCUL UES PROBABILITÉS. 499
principes sur lesquels il est fondé, et de la naturedes vérités auxquelles il conduit. Nous distinguerons,dans ces vérités, ce qui est une proposition mathé-matique, un résultat du calcul, de ce qu’on peutregarder comme une vérité réelle. Nous prouveronsque le motif de croire à ces vérités réelles, auxquellesconduit le calcul des probabilités, ne diffère de celuiqui nous détermine dans tous nos jugements , danstoutes nos actions, que parce que le calcul nous adonné la mesure de ce motif, et que nous cédons,par l’assentiment éclairé de la raison, à une forcedont nous avons calculé le pouvoir, au lieu de cédermachinalement à une force inconnue.
Nous chercherons quelle est la nature de ce motif,et la manière dont il agit sur nous; nous montre-rons comment il est d’autant plus irrésistible que saforce réelle nous est moins connue, et comment ilsemble plus faible et toujours accompagné de doutes,lorsque nous sommes parvenus à le mesurer avecquelque exactitude; car ici, comme dans le reste dela vie, la confiance diminue à mesure que les lu-mières augmentent; et elle est moins forte, en mêmetemps qu’elle s’appuie sur une base plus solide. Onverra enfin comment les connaissances que nousnommons certaines ne sont réellement que des con-naissances fondées sur une très-grande probabilité ;et cependant c’est du sein de cette espèce de phéno-mène que nous tirerons les véritables preuves del’absurdité du scepticisme absolu des philosophes del’antiquité.
De ces connaissances préliminaires nous passerons