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Tome premier.
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498 discours sur l’astronomie

les jurisconsultes en voulant résoudre ces mêmesquestions sans employer le calcul, leçon qu’il étaitutile de leur donner. Un des plus grands maux quenous ayons à reprocher aux siècles d’ignorance, estpeut-être de classer les hommes en espèces de cor-porations , dont les membres, exerçant exclusive-ment certaines fonctions, se sont persuadés qu’ilsdevaient posséder aussi exclusivement les connais-sances nécessaires pour les bien remplir. C’est encoreaujourd’hui la principale cause pour laquelle cer-tains hommes, au lieu de profiter des progrès ra-pides que l’esprit humain a faits depuis un demi-siècle, nous citent la chute de leurs préventions etde leurs erreurs comme une preuve de sa décadenceet de sa dépravation. Ils voient avec peine s’établirl’opinion que le titre d’homme suffit pour donner,à celui qui juge une vérité utile, la liberté de la croireet le droit de la dire. Nous avons encore, par exem-ple, des jurisconsultes assez dignes de ces temps an-tiques, pour savoir mauvais gré à quelques philoso-phes d’avoir regardé la raison et l’expérience commedes guides plus sûrs, que les légistes du Bas-Empireet leurs obscurs commentateurs.

Depuis l’ouvrage de Nicolas Bernoulli, le calculdes probabilités est devenu l’objet des recherchesdes philosophes comme des travaux des mathéma-ticiens; on s’est occupé d’en approfondir les prin-cipes comme d’en multiplier les applications et d’enperfectionner les méthodes. Ce sont les éléments dece calcul que nous nous proposons d’enseigner. Nouschercherons d’abord à donner une idée juste des