Band 
Tome premier.
Seite
540
JPEG-Download
 

TABLEAU GÉNÉRAL

540

mathématiques ont été cultivées avec succès, chezdes peuples dont la liberté ait eu la tranquillité pourcompagne et les lumières pour appui. En Hollande,le célèbre Jean de Witt, disciple de Descartes, eten Angleterre, le chevalier Petty, donnèrent les pre-miers essais de cette science dans le siècle dernier,à peu près à l’époque où Fermât et Pascal créaientle calcul des probabilités, qui en est une des pre-mières bases, et n’osaient l’appliquer qu’aux jeux dehasard, ou n’avaient pas même eu l’idée de l’em-ployer à des usages plus importants et plus utiles.

Maintenant l’étendue de ces applications permetde les regarder comme formant une science à part,et je vais essayer d’en tracer le tableau.

Comme toutes ces applications sont immédiate-ment relatives aux intérêts sociaux, ou à l’analysedes opérations de l’esprit humain, et que, dans cedernier cas, elles n’ont encore pour objet quel’homme perfectionné par la société, j’ai cru que lenom de mathématique sociale était celui qui conve-nait le mieux à cette science.

Je préfère le mot mathématique , quoique actuel-lement hors d’usage au singulier, à ceux d’arithmé-tique, de géométrie, d’analyse, parce que ceux-ciindiquent une partie des mathématiques , ou unedes méthodes qu’elles emploient, et qu’il s’agit icide l’application de l’algèbre ou de la géométrie ,comme de celle de l’arithmétique ; qu’il s’agit'd’appli-cations dans lesquelles toutes les méthodes peuventêtre employées. D’ailleurs, la dernière expression estéquivoque, puisque le mot analyse signifie tantôt