DE LA SCIENCE, ETC. 54 I
l’algèbre, tantôt la méthode analytique, et nous se-rons même obligés d’employer quelquefois ce mêmemot dans le sens qu’on lui donne dans d’autressciences.
Je préfère le mot sociale aux mots morale ou politi-que , parce que le sens de ces derniers mots estmoins étendu et moins précis.
Cette exposition montrera toute l’utilité de cettescience; on verra qu’aucun de nos intérêts indivi-duels ou publics ne lui est étranger, qu’il n’en estaucun sur lequel elle ne nous donne des idées plusprécises, des connaissances plus certaines; on verracombien, si cette science était plus répandue, pluscultivée, elle contribuerait, et au bonheur et au per-fectionnement de l’espèce humaine.
Deux observations suffiront pour le faire sentir.D’abord, presque toutes les opinions, presque tousles jugements qui dirigent notre conduite, s’ap-puient sur une probabilité plus ou moins forte,toujours évaluée d’après un sentiment vague et pres-que machinal, ou des aperçus incertains et gros-siers.
Il serait impossible, sans doute, de parvenir àsoumettre au calcul toutes ces opinions, tous cesjugements, comme il le serait également de calculertous les coups d’une partie de trictrac ou de piquet;mais on pourrait acquérir le même avantage qu’ob-tient aujourd’hui le joueur qui sait calculer son jeusuf.celui qui ne joue que d’instinct et de routine.
De plus, les vérités absolues, celles qui subsistentindépendamment de toute mesure, de tout calcul,