556 TABLEAU GÉNÉRAL
cier. C’est par ce seul moyen que l’on peut à la foisporter les derniers coups à la superstition comme aupyrrhonisme, à l’exagération de la crédulité commeà celle du doute.
C’est alors qu’on verra comment et pourquoi laforce du sentiment qui nous porte à croire, s’affai-blit à mesure que les motifs de crédibilité sont ap-préciés avec plus d’exactitude; et, par conséquent,pourquoi une sorte de défiance accompagne si cons-tamment les grandes lumières , tandis qu’une con-viction intrépide est le partage de l’ignorance.
C’est enfin par là qu’on reconnaîtra la véritabledifférence entre les jugements de l’instinct, qui di-rigent impérieusement nos actions habituelles, etces résultats de la raison, qui nous déterminent dansles actions importantes, ou qui fixent nos opinionsspéculatives.
Il faut ensuite fixer les limites de la probabilité,d’après laquelle, suivant la nature de la question, onpeut diriger sa conduite, et voir comment, suivantla différence des effets résultant d’une action ou del’action contraire, on doit ne se déterminer pour untel parti que sur des preuves, pour tel autre, d’a-près le plus léger degré de la probabilité.
On doit compter aussi, parmi ces applications auxopérations del’esprit, les moyens techniques ou mêmemécaniques, d’exécuter des opérations intellectuelles:tel est l’art de former, soit des tableaux historiques,chronologiques ou scientifiques, soit des tables, soitdes registres; tel est celui de former ou de devinerles chiffres; telles sont les machines arithmétiques;